NZ – MONT COOK | L’ART D’ÊTRE MAGNÉTIQUE

Réveil difficile après la tornade émotionnelle de la veille. Pierre et Mathieu sont plus courageux que nous et prennent le large avec trente minutes d’avance. Ils visent une déroute en direction du Mont Cook puis devraient tirer en direction du Sud. Nous avons pour notre part dans le viseur la région des Fiordland avec l’espoir d’atteindre Milford Sound avant la nuit, mais il n’en sera rien. Le Mont Cook, magnétique, nous fait bifurquer de notre route initiale et galoper dans sa direction. Le paysage oscillant entre le turquoise du lac Pukaki, la sécheresse d’une herbe jaunie flottant au gré des bourrasques allié à la pureté blanche d’une neige qui écrème le sommet de la montagne ne pouvait laisser personne indifférent. Surtout pas nous. Face à ce constat, nous faisons les 90 kilomètres de détour aller/retour que cette bifurcation suppose, marchons deux heures le temps d’apprécier le paysage de la Hooker Valley, et profitons de cette halte pour remettre à flot notre réserve d’eau.

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Ce vallon déploie un paysage surprenant, mélange de broussailles piquantes et de roche imposante surplombé par des glaciers qui s’effritent dans un bruit de tonnerre lorsqu’ils déversent leurs restes dans le creux du torrent aval. Nous le remontons de part en part en traversant des ponts chancelants. Certains s’y agrippent tant bien que mal au gré d’une posture souvent teintée d’un ridicule à toute épreuve. A l’entrée du parc, un monument aux morts en forme de cône sur lequel furent greffés moult plaquettes mémorielles prend la pose au soleil et se laisse photographier. Nous croisons en cours de route quelques visages connus, certains étant d’anciens résidents de la Jailhouse Accomodation qui ont rompu leurs chaînes depuis. Koh Sandra retrouvera même Pierre et Mathieu à l’entrée d’un des ponts. Je suis passé devant eux sans leur adresser un regard. Ce fut réciproque, le paysage étant bien plus magnétique.

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Puis nous revenons sur nos pas pour prendre la direction de Queenstown qui s’affiche comme une destination de choix si l’on tient compte de l’heure avancée à laquelle nous reprenons la route.

A mesure que la nuit s’invite, nous consentons à ne pas nous arrêter directement dans la ville de sa Majesté, surtout si c’est pour aller dépenser nos sous dans un camping payant. Nos détours à rallonge et l’incapacité de localiser les zones de campement nous font bouillonner terriblement au point que je finis presque par perdre mon sang froid à force de mésententes. Nous trouvons refuge auprès du lac Hayes, à proximité d’Arrowtown. Encore une de ses gouilles magnifiques dont on ne sait trop comment il est possible que le pays en soit autant pourvu. Au parterre, canards et oies sauvages bouffent généreusement l’herbe verdoyante avant de plonger leurs fines palmes dans une vaste étendue d’eau entourée de collines croquées par les montagnes. Le flegme des arbres qui s’agitent aux abords du lac depuis des années et dont la posture donne le vertige me fait doucement sourire. Quelques embarcations et kayaks abandonnés ici et là, vaguement retenus aux branches entortillées complètent le décor. Au fond de la plage, un pneu suspendu à un arbre centenaire se balance au bout de sa corde. Bucolique on vous dit…

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Il nous faut parquer le véhicule entre deux poteaux peu visibles et ce afin d’éviter de se faire coller à hauteur de 200 $. Notre zèle nous fait même déplacer le véhicule afin de s’assurer d’être dans la lignée des panneau et éviter toute déconvenue. Des vrais suisses…

Au réveil, nous rencontrons un couple de canadiens. Lui est journaliste et a déjà proposé des créations pour Mise au Point de la RTS. Aujourd’hui, il empile les voyages à rallonge. Elle, je n’en sais trop rien. Selon Koh Sandra ils voyagent régulièrement ensemble et ne peuvent s’en passer depuis. A 4000 balles le van, on se dit que le métier de journaliste permet de s’en sortir allègrement si le talent suit…

Nous prenons le large vers 11 heures après avoir bien dilué notre temps et tirons en direction du Fiordland. Nous visons une nuit dans un camping afin de recharger nos batteries et laver nos corps qui collent. Au moment de choisir vers quelle direction s’engager, à la première bifurcation qui s’esquisse, nous désignons Manapouri comme QG. Le rapport qualité / prix semble plus intéressant que celui rencontré sur le site de Milford Sound, destination trop prisée pour nous contenter dans l’immédiat, et le doute émis face à la présence d’une borne Internet et notre besoin imminent de s’y connecter si l’on souhaite mettre à jour nos articles penchent indubitablement sur la balance… Nous fonçons tête baissée à proximité du lac de Manapouri, passerelle naturelle vers le Doubtful Sound, fjord qui souffre d’être dans l’ombre du Milford sans être ridicule pour autant.

Nous programmons une sortie pour le lendemain après avoir consulté les personnes sortant du catamaran et dont le visage semblait illuminé d’une joie indéfectible. Gorgeouse! Incredible! Marvellous! Il faudrait inventer des adjectifs pour nommer ce qui se passe de l’autre côté du lac. Leurs sourires témoignent quoi qu’il en soit d’une satisfaction toute relative. Nous nous laissons logiquement tenter. Come back tomorrow twenty minutes before the boat leaves and we will give you your boarding pass. Une carte d’embarquement… Pas de doute, nous partons vraiment en voyage : sept heures dans les fjords ou à proximité, c’est un bon ratio, mais il vous faudra être patients, car la suite de nos aventures ne pointera le bout de son nez qu’au prochain épisode…

 

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  • Petit mot de conclusion

Le Mont Cook en impose de loin, mais perd de son vertigineux à mesure que l’on s’en rapproche. Aucune route ne s’arrête à ses pieds, quiconque souhaite l’escalader devra marcher au moins deux heures pour rallier sa base et en commencer l’ascension.

C’est à mon sens une marque de respect non négligeable à destination de l’environnement privilégié de la Nouvelle Zélande, avec une volonté de lui porter le moins atteinte possible. Tu veux y voir ? Alors marche, ressens et perds toi dans cette nature. Assurément un autre rapport au temps et cela fait du bien à l’époque qui est la nôtre et qui consent à offrir l’immédiateté dans tout, pour tout, sans jamais en questionner l’absurdité.

Nous avons désormais notre carte d’embarquement pour la suite de notre voyage dans les fjords avec une légère retenue : il se peut que demain il pleuve… Reste que nous avons le temps, en sept heures, la pluie ne sera que passagère…

  • Suite au prochain épisode…

 

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Ariane

Vite vite la suite on est complètement accro…….

Gobet

Je partage aussi ce commentaire. On en redemande, merci ! Yvette

Wahoooo !!!

Cricri

Marvellous..💕

Nadia

Je rentre dans votre roman 🙂 et c’est tellement bon !!! Merci beaucoup.